Le problème : une épargne accumulée sans logique fiscale
Un freelance en SASU à 90 000 € de chiffre d'affaires laisse souvent dormir sa trésorerie sur un compte courant ou un livret faiblement rémunéré.
Aucune structuration, aucun arbitrage entre les enveloppes disponibles. Résultat : une fiscalité subie plutôt que pilotée.
Pour un indépendant taxé à 30 % de tranche marginale d'imposition (TMI), chaque euro placé sans réflexion fiscale coûte mécaniquement plus cher qu'un euro structuré dans la bonne enveloppe.
Le coût réel d'une épargne mal allouée
Prenons un freelance qui épargne 15 000 € par an depuis 3 ans, soit 45 000 € de capital, intégralement sur un livret bancaire classique.
À 30 % de TMI, s'il avait orienté une partie de cette somme vers un PER ou une assurance-vie de plus de 8 ans, l'écart de fiscalité sur les gains et sur l'impôt différé peut représenter plusieurs milliers d'euros sur la période, selon le rendement obtenu.
Ce n'est pas un détail comptable. C'est un manque à gagner structurel, année après année, tant que l'allocation n'est pas revue.
PER : l'arbitrage fiscal le plus direct pour un freelance
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de déduire les versements du revenu imposable, dans la limite de 10 % du revenu professionnel N-1, plafonné à 37 094 € en 2025 pour les travailleurs non salariés (TNS).
Pour un freelance à 30 % de TMI versant 8 000 € sur son PER, l'économie d'impôt estimée est d'environ 2 400 €, sous réserve de rester dans le plafond applicable.
Le revers : les sommes sont bloquées jusqu'à la retraite (hors cas de déblocage anticipé, dont l'acquisition de la résidence principale). Le PER se pense donc comme un outil de long terme, pas comme une épargne de précaution.
À qui s'adresse vraiment le PER
Le PER est pertinent pour un freelance avec une TMI élevée et une trésorerie déjà sécurisée par ailleurs.
Il l'est moins pour quelqu'un qui a besoin de liquidités disponibles à court ou moyen terme.
Assurance-vie : la flexibilité au prix d'un avantage fiscal différé
L'assurance-vie reste l'enveloppe la plus souple : versements libres, rachats possibles à tout moment, fiscalité allégée après 8 ans de détention.
Sur des unités de compte, le rendement estimé varie fortement selon le profil de risque retenu et les marchés sur la période. Aucune performance ne peut être présentée comme acquise par avance.
Pour un freelance, l'assurance-vie fonctionne bien en complément du PER : elle absorbe l'épargne de moyen terme, quand le PER capte l'épargne longue à visée retraite.
Immobilier locatif et SCPI : deux logiques différentes
L'investissement locatif direct (souvent en LMNP) permet de générer un revenu complémentaire et de jouer sur l'amortissement pour limiter la fiscalité pendant plusieurs années.
Pour un freelance à 80 000 € de revenu net, un investissement locatif financé à crédit mobilise sa capacité d'emprunt, ce qui peut limiter d'autres projets (achat de résidence principale, par exemple).
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) offrent une exposition à l'immobilier sans gestion locative directe, avec un rendement distribué historiquement situé entre 4 % et 6 % selon les sociétés de gestion. Ce chiffre reste un indicateur passé, non une projection garantie pour les années à venir.
Le bon arbitrage dépend de la capacité d'emprunt
Un freelance avec des revenus variables n'a pas la même capacité d'emprunt qu'un salarié en CDI à revenu équivalent. Les banques appliquent souvent une moyenne sur 2 à 3 ans de bilans, ce qui peut réduire le montant finançable.
C'est un paramètre à vérifier avant de s'engager sur un projet locatif à crédit.
Construire une allocation cohérente plutôt qu'empiler des produits
Il n'existe pas de répartition universelle. L'allocation dépend du niveau de TMI, de l'horizon de placement, du besoin de liquidité et du patrimoine déjà constitué.
Une logique fréquente pour un freelance en phase de constitution de patrimoine consiste à sécuriser d'abord une trésorerie de précaution, puis à répartir l'épargne disponible entre PER (avantage fiscal immédiat), assurance-vie (flexibilité) et immobilier ou SCPI (diversification et revenus complémentaires), selon la TMI et le projet de vie.
Ces simulations sont indicatives. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour un conseil personnalisé engageant la responsabilité d'un professionnel, consultez un CGPI agréé AMF.
FAQ
Quel placement privilégier en 2025 pour un freelance ?
Cela dépend de la TMI et de l'horizon de placement. Un freelance fortement imposé avec une trésorerie déjà sécurisée tire généralement un avantage fiscal immédiat du PER, tandis qu'un profil recherchant de la flexibilité s'orientera plutôt vers l'assurance-vie.
Quel est le plafond de versement déductible sur un PER en 2025 ?
Pour un travailleur non salarié, le plafond est de 10 % du revenu professionnel N-1, dans la limite de 37 094 € en 2025. Ce plafond peut être complété par les plafonds non utilisés des 3 années précédentes.
Les SCPI sont-elles plus intéressantes que l'immobilier locatif direct ?
Les SCPI permettent une exposition à l'immobilier sans gestion locative, avec un rendement distribué historiquement estimé entre 4 % et 6 %. L'immobilier direct offre un effet de levier via le crédit, mais mobilise davantage la capacité d'emprunt du freelance.
Le PER est-il adapté à un freelance qui a besoin de liquidités à court terme ?
Non, en règle générale. Les sommes versées sur un PER sont bloquées jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi, dont l'achat de la résidence principale.
Pourquoi un freelance a-t-il intérêt à diversifier ses enveloppes d'épargne ?
Parce que chaque enveloppe répond à un horizon et une fiscalité différents. Concentrer toute son épargne sur un seul support, notamment un livret peu rémunéré, expose à un manque à gagner fiscal qui s'accumule chaque année.
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