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    Combien pouvez-vous vraiment emprunter ? Ce que révèle le simulateur avant un RDV bancaire

    12 septembre 20267 min de lecturePar Edward Izaac
    #capacité d'emprunt#RDV bancaire#dossier bancaire#HCSF#dirigeant de PME#profession libérale#financement immobilier
    Combien pouvez-vous vraiment emprunter ? Ce que révèle le simulateur avant un RDV bancaire

    Un chiffre approximatif coûte un rendez-vous bancaire raté

    Un dirigeant de PME ou une profession libérale arrive rarement en rendez-vous bancaire les mains vides. La plupart ont déjà une idée du montant qu'ils pensent pouvoir emprunter, obtenue avec une estimation en ligne générique ou un calcul de tête sur leur revenu annuel divisé par douze.

    Le problème n'est pas l'intention, c'est la méthode. Une banque ne raisonne jamais sur un revenu brut divisé par douze. Elle applique un taux d'endettement plafonné, un reste à vivre minimum, et surtout, pour un revenu non salarié, une moyenne lissée sur plusieurs exercices qui peut être très éloignée du dernier bilan. L'écart entre l'estimation maison et le chiffre réellement retenu par l'établissement se compte souvent en dizaines de milliers d'euros, et se découvre en direct, devant le conseiller.

    Passer par un simulateur qui applique la même méthode de calcul que les banques permet d'arriver au rendez-vous avec un chiffre déjà vérifié, plutôt que de le découvrir sur place.

    Ce que la banque calcule (et que la plupart des estimations en ligne ignorent)

    Le taux d'endettement plafonné à 35 % (HCSF)

    Depuis 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière limite à 35 % la part des revenus mensuels pouvant être consacrée au remboursement de crédits, assurance emprunteur incluse. Les banques ne peuvent déroger à ce plafond que pour 20 % de leur production de crédits, une flexibilité réservée aux dossiers avec un reste à vivre confortable, appliquée au cas par cas, sans certitude d'obtention.

    Le reste à vivre, la contrainte qui bloque plus de dossiers qu'on ne le croit

    Même sous les 35 % d'endettement, un dossier peut être refusé si le reste à vivre après emprunt est jugé insuffisant. Les établissements retiennent généralement un minimum de 800 € par adulte et 350 € par enfant à charge. Un foyer avec des enfants et des charges fixes élevées peut ainsi voir sa capacité d'emprunt réelle plafonnée par le reste à vivre avant même d'atteindre la limite d'endettement.

    Pour un dirigeant de PME ou une profession libérale : la moyenne des 3 derniers exercices

    Un salarié présente un contrat de travail et un dernier bulletin de paie. Un dirigeant rémunéré en salaire et dividendes, ou une profession libérale en nom propre ou en société, n'a pas ce luxe : la banque retient la moyenne des revenus nets des trois derniers exercices (bénéfices, rémunération et dividendes réguliers), sur la base des liasses fiscales, des avis d'imposition et généralement d'une attestation d'expert-comptable.

    Un exercice exceptionnel, bon ou mauvais, est ainsi lissé dans le calcul. C'est ce mécanisme, plus que le niveau de revenu affiché sur le dernier exercice, qui détermine la capacité d'emprunt réelle.

    Un exemple chiffré (situation fictive, à but illustratif)

    Prenons un profil fictif de profession libérale en couple, sans lien avec une situation réelle, pour visualiser le calcul :

  1. Revenu net annuel des 3 derniers exercices : 145 000 €, 130 000 € et 120 000 €, soit une moyenne mensualisée de 10 972 €
  2. Co-emprunteur salarié : 2 800 € net/mois
  3. Crédit à la consommation en cours : 250 €/mois
  4. Foyer : 2 adultes, 2 enfants
  5. Épargne disponible pour l'apport : 90 000 €
  6. Revenus retenus par la banque : 13 772 €/mois. Le taux d'endettement grimpe de 1,8 % à 35 % avec le nouveau prêt, ce qui donne une mensualité maximale de 4 570 €/mois sur 25 ans. À un taux de 3,55 % (hors assurance), la capacité d'emprunt ressort à 884 230 €.

    Avec un bien ancien, l'apport minimum requis (10 %) s'élève à 88 423 €, couvert par les 90 000 € d'épargne disponible. Budget total (emprunt + apport) : 974 230 €. Une fois les frais de notaire estimés (environ 72 165 € en ancien) déduits, le prix de bien maximum ressort à environ 902 065 €. Le reste à vivre après emprunt, 8 952 €/mois, reste très au-dessus du minimum requis pour ce foyer (2 300 €).

    Ces chiffres varient fortement selon le taux, la durée, le type de bien et la composition du foyer : ils illustrent la méthode, pas un résultat transposable à une autre situation.

    Ce que le simulateur calcule, que l'on ne fait pas à la main

    Le calculateur de capacité d'emprunt Solvya applique cette méthode bancaire sur la base des revenus, charges et projet renseignés, avec plusieurs mécanismes rarement pris en compte dans une estimation maison :

  7. La pondération à 70 % des revenus locatifs, qu'il s'agisse de biens déjà détenus ou du loyer prévisionnel d'un investissement locatif financé par le prêt lui-même.
  8. L'apport minimum différencié selon le type de bien : environ 10 % dans l'ancien (frais de notaire plus élevés) contre environ 5 % dans le neuf.
  9. Des alertes automatiques sur le taux d'endettement au maximum, un reste à vivre limite, ou un apport insuffisant, avant même de déposer un dossier.
  10. Une synthèse bancaire exportable en PDF, à présenter directement au conseiller lors du rendez-vous, avec le détail des revenus retenus, des charges et de la capacité d'emprunt calculée.
  11. Ce qu'il faut avoir en main avant le rendez-vous

    Une simulation vérifiée en amont ne dispense pas de préparer les justificatifs attendus par la banque : les liasses fiscales ou avis d'imposition des trois derniers exercices, une attestation d'expert-comptable sur la régularité des revenus, les relevés de compte récents, et le détail des crédits en cours. Un dossier cohérent entre le chiffre annoncé et les pièces fournies raccourcit généralement le délai d'instruction.

    Ces simulations sont indicatives. Pour un conseil personnalisé engageant votre responsabilité, consultez un expert-comptable ou un CGPI agréé AMF. L'octroi d'un financement reste à la discrétion de l'établissement prêteur.

    FAQ

    Le simulateur remplace-t-il un rendez-vous avec un banquier ?

    Non. Il applique la même méthode de calcul (taux d'endettement, reste à vivre, moyenne des exercices pour un indépendant) pour donner une estimation indicative avant le rendez-vous, mais la décision d'octroi reste à la discrétion de l'établissement, qui peut appliquer des critères internes supplémentaires.

    Pourquoi deux dossiers avec le même revenu annuel obtiennent-ils une capacité d'emprunt différente ?

    Le revenu annuel brut ne suffit pas. Le reste à vivre, les charges existantes, le taux et la durée du prêt, ainsi que la composition du foyer font varier la capacité d'emprunt à revenu identique.

    Le simulateur tient-il compte des dividendes pour un dirigeant de PME ?

    Oui, à condition de les intégrer dans le revenu net annuel indépendant renseigné pour chacun des trois exercices, aux côtés de la rémunération et des bénéfices, comme le fait une banque lors de l'analyse du dossier.

    Un investissement locatif est-il traité différemment dans le calcul ?

    Oui. En sélectionnant le mode investissement locatif, le loyer prévisionnel du bien financé est ajouté aux revenus retenus, pondéré à 70 %, la méthode la plus répandue. Certaines banques demandent en complément une expertise locative ou un bail signé.

    Faut-il refaire la simulation si le taux du marché évolue ?

    Oui. Le taux d'intérêt influence directement la mensualité maximale finançable et donc la capacité d'emprunt totale. Une simulation datée de plusieurs mois peut ne plus refléter les conditions de marché actuelles.

    Pour connaître votre capacité d'emprunt réelle avant votre prochain rendez-vous bancaire, testez le calculateur de capacité d'emprunt Solvya.

    Pour un accompagnement sur la présentation de votre dossier face à la banque, prenez rendez-vous avec un conseiller Solvya.

    Références officielles

    Ces pages permettent de vérifier les règles en vigueur. Les montants et les taux évoluent chaque année.

    Par Edward Izaac

    Fondateur de Solvya, cabinet indépendant de gestion de patrimoine

    Solvya est enregistré à l'ORIAS sous le n° 24 005 117 : courtier en assurance, intermédiaire en opérations de banque et conseiller en investissements financiers, membre de l'ANACOFI.

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